Traumatismes de la moelle épinière

La moelle épinière permet la transmission des influx nerveux entre le cerveau et les nerfs périphériques. En cas de lésion, le patient peut perdre :

- Le contrôle de ses membres inférieurs (paraplégie) plus ou moins ses membres supérieurs (tétraplégie) en fonction de la hauteur de la lésion. Des troubles respiratoires peuvent survenir en cas d'atteinte cervicale haute. 

- La sensibilité dans les territoires atteints : douleur-température, tact, position dans l'espace.

- Le controle de ses sphincters (incontinence, rétention) urinaire et anal.

Il est bien établi que ces lésions s'établissent en deux étapes :

- La phase primaire : correspond au traumatisme initial de la moelle. Elle est irréversible. Seule la prévention des accidents est possible.

- La phase secondaire : correspond à un ensemble de mécanismes chimiques et cellulaires qui vont aboutir à l'extension progressive de la lésion dans la moelle. Parmi ces mécanismes, l'ischémie (diminution d'oxygénation tissulaire) joue un rôle majeur. Avec l'extension des lésions, ce sont des territoires moteurs et sensitifs supplémentaires qui vont être impactés. Cette phase peut etre ralentie car elle s'étale sur plusieurs mois. Cette ischémie est particulièrement sensible au niveau de la moelle dorsale (thoracique) car la vascularisation médullaire y est plus précaire d'un point de vue anatomique.

 

Figure : La moelle épinière est un axe de passage pour les influx sensitifs et moteurs. Elle assure ainsi la connexion entre le cerveau et les nerfs périphériques. Elle est vascularisée par des branches de l'aorte, des artères vertébrales et des artères iliaques internes.

Durant ma thèse de Doctorat en Science (Laboratoire du Pr Vicaut) ainsi que lors de mon Post-Doc (Laboratoire du Dr Fehlings, Toronto, Canada) je me suis particulièrement intéressé à l'évaluation de la perfusion (l'apport de sang) de la moelle et à la lutte contre l'ischémie. C'est ainsi que j'ai mis au point :

- Un modèle de lésion médullaire expérimentale respectant l'intégrité de la dure mère a été développé chez le rat : ici. Ce modèle permet de mieux reproduire la réalité des lésions chez l'homme.

- Une méthode nouvelle de mesure expérimentale de la perfusion basée sur l'échographie de contraste a été mise au point : ici et .

- Durant mon post-Doc j'ai eu l'opportunité de développer une nouvelle méthode de quantification de la rupture de la barrière hémato-spinale a été développée sur la base de l'échographie très haute résolution (40 à 55 MHz) : ici

- Sur la base de ces résultats expérimentaux nous avons pu montrer que chez le petit animal l'ajout de norépinéphrine à la phase aigüe du traumatisme n'améliorait pas la perfusion tissulaire : ici. Pourtant cette drogue est recommandée à la phase aigüe du traumatisme médullaire avec pour objectif d'améliorer la perfusion médullaire chez le patient.

- A l'occasion du Master du Dr Boutonnet nous avons montré que l'association de plusieurs thérapies combinées (procoagulantes et anti-oedémateuse) à la phase aigüe du traumatisme permettait d'améliorer la protection du tissu neurologique. A l'inverse, les mêmes thérapies utilisée de façon isolée n'avaient pas d'effet mesurable. Ce travail est très encourageant puisqu'il suggère que des thérapies déjà existantes pourraient permettre d'améliorer la prise en charge des patients à condition de les combiner correctement entre elles. L'article est disponible ici.

© 2020 by Marc Soubeyrand.