COUDE

Les os & articulations

Sur le plan osseux, cinq reliefs sont important à connaitre :
- La tête radiale est la partie supérieure du radius. Elle est de forme cylindrique et tourne pendant la prono-supination. On peut la sentir tourner sous la peau en palpant le versant latéral du coude. Elle est fréquemment fracturée et dans ce cas on peut soit réduire et fixer la fracture (réduction-ostéosynthèse) avec des vis, soit remplacer la tête radiale par une prothèse.
- L'olécrane est la partie supérieure de l'ulna (nouveau nom du cubitus) et s'articule avec la trochlée de l'humérus. Le triceps s'insère dessus. Il se fracture souvent et dans ce cas il faut réduire et ostéosynthéser la fracture.
- L'apophyse coronoïde appartient aussi à l'ulna et s'articule avec la trochlée de l'humérus. A sa base s'insère le muscle brachial antérieur qui permet la flexion du coude. Cette apophyse coronoïde peut être fracturée dans certains cas d'instabilités aigües du coude appelées les "terribles triades" : dans ce cas il s'associe aussi une fracture de la tête radiale et du ligament médial du coude.
- La trochlée de l'humérus : c'est un relief en forme de diabolo qui s'articule avec l'ulna.
Le capitellum de l'humérus : c'est un petit relief hémisphérique qui s'articule avec la tête radiale.
Ces différents reliefs peuvent faire l'objet de fractures : sus et intercondylienne de l'humérus, supra-condylienne, tête radiale, olécrane, etc... Les fractures doivent être réduites et ostéosynthésées. Plus rarement elle se traitent par la mise en place d'une prothèse.

Vidéo : Les parties osseuses importantes du coude

Figure : Un exemple de prothèse de tête radiale mise en place après une fracture irréparable.

Vidéo : Un exemple d'animation 3D montrant les principes de mise en place d'une prothèse de tête radiale. Celle-ci est un des nombreux modèles de prothèse disponibles sur le marché.

Le coude au sens large permet de faire deux mouvements :
- La flexion-extension du coude.
- La prono-supination : c'est ce mouvement qui consiste à tourner la main.
Le coude regroupe en fait trois articulations :
- L'huméro-ulnaire : entre la trochlée de l'humérus et l'ulna proximal. Cette articulation permet la flexion et l'extension du coude. 
- L'huméro-radiale : entre le capitellum de l'humérus et la tête du radius. Cette articulation participe à la fois à la flexion et à l'extension du coude et à la pronosupination.
Les articulations du coude peuvent rapidement s'enraidir après un traumatisme ou une chirurgie. C'est pourquoi il faut rééduquer le coude le plus vite possible après un traumatisme ou une chirurgie. Lorsque la raideur ne passe pas malgré la rééducation il peut être nécessaire de réaliser une intervention pour restaurer les mobilités. On parle alors d'arthrolyse du coude. Lors de ce type d'intervention on va sectionner tout ce qui empêche le coude de s'étendre, de se fléchir et de tourner. En post-opératoire on réaliser une rééducation intensive afin de préserver les mobilités obtenues.
Les articulations du coude peuvent aussi être détruites par de l'arthrose ou bien des maladies inflammatoires rhumatismales (polyarthrite rhumatoïde, spondylarthropathies, etc..), ou des traumatismes. On peut alors être amené dans ces cas là à remplacer l'articulation endommagée par une prothèse de coude. Les prothèses de tête radiale ont été évoquées plus haut mais on peut aussi mettre en place des prothèses totales de coude

Vidéo : La prono-supination

Les muscles & nerfs

Un muscle permet l'extension du coude, c'est le triceps brachial.
La flexion du coude est principalement permise par le muscle brachial antérieur.

Vidéo : Les muscles brachial antérieur et triceps brachial

Sur chaque versant médial (interne) et externe (latéral) du coude on trouve des muscles qui sont insérés sur des reliefs saillants de l'humérus appelés épicondyles médial et latéral. On les appelle les muscles épicondyliens médiaux et latéraux. Leurs insertions respectives sur les épicondyles se font par des tendons qui peuvent devenir inflammatoires. On parle alors d'épicondylite. La plupart du temps le traitement repose sur des médicaments (antalgiques, anti-inflammatoires), de la rééducation et des infiltrations. En cas d'échec de ce traitement il est possible de réaliser une intervention chirurgicale pour soulager ces douleurs.

Vidéo : Les muscles épicondyliens

Il y a trois nerfs principaux à connaitre dans la région du coude :
- Le nerf médian qui passe à la face antérieure et médiale du coude et qui va participer à la flexion des doigts (en particulier le pouce et l'index), à la pronation et à la sensibilité des trois premiers doigts sur leur versant palmaire.
- Le nerf ulnaire qui passe derrière  le coude. C'est lui que l'on comprime lorsque l'on reste le coude trop longtemps appuyé sur la table et que le 5ème doigt (le petit) s'engourdit (paresthésies). C'est aussi lui qui est responsable de la décharge électrique ressentie lorsque l'on se cogne le coude. Il est le principal nerf moteur pour les petits muscles qui sont à l'intérieur de la main (muscles intrinsèques). Le nerf ulnaire est souvent comprimé au coude : c'est l'examen clinique et l'électromyogramme (EMG) qui permettent de faire le diagnostic. En cas de compression il faut le "libérer" chirurgicalement : soit en le disséquant soit en le transposant (on le déplace de quelques centimètres en avant, sous la peau, pour qu'il soit moins mis en tension lors de la flexion du coude).
- Le nerf radial qui passe en avant du coude et latéralement. Il donne une branche sensitive superficielle qui donne la sensibilité de la face dorsale des trois premiers doigts. Il donne aussi une branche motrice profonde (nerf interosseux postérieur) qui permet l'extension du poignet et des doigts.

Vidéo : Les nerfs du coude

© 2019 by Marc Soubeyrand.